L'ABS brut — celui des pièces imprimées en 3D, des boîtiers et des plaques techniques — ne se découpe pas au laser. Il ne se vaporise pas : il fond, colle et dégage des fumées âcres et toxiques.
Ce qui se passe réellement
Chauffé par le faisceau, l'ABS se dépolymérise et libère du styrène et du cyanure d'hydrogène, ainsi que des particules très fines. Le styrène est un irritant reconnu et le cyanure d'hydrogène est un toxique aigu : même en faible quantité, ce n'est pas une exposition acceptable dans un atelier domestique.
Techniquement, le résultat est mauvais de toute façon : le chant fond en bourrelet collant, la matière se ressoude derrière le faisceau, et la pièce se déforme. Aucune combinaison puissance / vitesse n'y change quelque chose.
La suie grasse dégagée se dépose sur la lentille et les rails, avec une odeur qui persiste des jours dans la machine.
L'exception et les remplacements
Il existe une exception importante : les plaques bicouches de gravure vendues comme « laserables » (type Gravoply) sont formulées pour cet usage et se gravent très bien. C'est la couche de surface qui est retirée, pas la masse du plastique.
Pour une découpe de plaque plastique, l'acrylique coulé donne un chant net et poli, et le polypropylène convient pour une pièce souple.
Pour une pièce en ABS existante, utilisez une fraiseuse, une scie ou un cutter : l'ABS s'usine très bien mécaniquement.