L'okoumé est un contreplaqué de bois exotique africain, léger, tendre et à fil très régulier. C'est le contreplaqué des modélistes et des constructeurs de bateaux : il se découpe plus facilement que le bouleau à épaisseur égale, mais il pardonne moins les erreurs de mise au point car sa surface marque tout de suite.
Réglages : ce qui compte vraiment
En 3 mm, l'okoumé passe en une seule passe sur une diode de 20 W bien réglée et sans difficulté sur un CO2 de 40 W. En 4 mm, comptez une passe à vitesse réduite plutôt qu'une deuxième passe : repasser sur la même ligne noircit fortement le chant, plus vite que sur le bouleau.
Le fil est régulier mais la densité est faible : à puissance égale, l'okoumé se coupe environ 15 à 20 % plus vite que le bouleau. Reprendre un réglage de bouleau tel quel donne un chant brûlé et une odeur tenace.
En gravure, le contraste est clair, presque rosé, avec peu de différence entre les zones tendres et dures. C'est un bon support pour un dessin en trait fin, moins pour un dégradé photographique où le rendu manque de profondeur.
Point propre à l'okoumé : la colle des plis est souvent plus dure que le bois lui-même. Une découpe qui traverse le premier pli peut caler sur la ligne de colle. Mieux vaut baisser la vitesse de 10 % que d'augmenter la puissance.
Épaisseurs courantes et pièges
Les épaisseurs les plus courantes en atelier sont 3, 4, 5 et 6 mm ; le 4 mm est très utilisé en modélisme naval. Mesurez au pied à coulisse : un okoumé vendu en 4 mm mesure fréquemment 3,8 mm, ce qui change le jeu des encoches d'un assemblage.
Le piège classique est le vide interne : l'okoumé de qualité courante contient des poches sous le pli de surface. La découpe traverse partout sauf sur deux centimètres, et une reprise à la main est nécessaire. Prévoyez une marge de puissance sur les pièces longues.
La surface est tendre : un capot de machine posé dessus, ou un scotch de masquage retiré trop vite, laisse une marque visible. Travaillez sur une chute propre et retirez le masquage à plat.
Risques et finitions
Bois exotique tendre et résineux par endroits, l'okoumé s'enflamme facilement sur une découpe lente ou une deuxième passe. Extraction des fumées en marche, assistance d'air, et surveillance permanente : c'est un des contreplaqués qui pardonnent le moins une machine laissée seule.
La poussière de bois exotique est plus irritante que celle des bois européens : nettoyez le plateau après une série et évitez de souffler la poussière à l'air comprimé dans l'atelier.
Côté finition, l'okoumé boit beaucoup : un apprêt garnissant est nécessaire avant peinture, et un vernis marin si la pièce doit voir l'humidité. Sur une pièce brute, un ponçage grain 240 puis une huile dure uniformise le rendu et atténue les traces de brûlure du chant.