Le teck est le bois exotique le plus gras de l'atelier : il contient une huile naturelle qui le rend imputrescible, et qui change complètement son comportement au laser. La gravure y est superbe et très contrastée, mais l'huile fume, encrasse la lentille et exige une extraction sérieuse.
Réglages : ce qui compte vraiment
L'huile du teck absorbe très bien le faisceau : la gravure marque à basse puissance. Autour de 40 à 50 % à 2 400 mm/min sur une diode de 20 W, vous obtenez déjà un brun profond. Pousser la puissance ne fonce pas davantage, cela creuse et fait couler une résine noire difficile à nettoyer.
En découpe, le teck résiste : dense et gras, il demande une vitesse basse (autour de 150 mm/min à pleine puissance sur une diode de 20 W en 3 mm) et deux passes dès 5 mm. Sur un CO2 de 40 W et plus, une passe lente donne un chant plus net que deux passes rapides.
L'assistance d'air est ici indispensable, pas optionnelle : sans elle, la fumée huileuse se dépose immédiatement sur la surface et le chant devient collant et noir.
Nettoyez la lentille plus souvent que d'habitude. Sur une série de teck, un contrôle toutes les 30 à 40 minutes évite de perdre progressivement de la puissance sans comprendre pourquoi.
Épaisseurs courantes et pièges
Le teck se travaille surtout en 3, 5, 8 et 10 mm : lames de pont, dessous de plat, plateaux de service, poignées. Au-delà de 8 mm, réservez la découpe au CO2 ; une diode y consomme un temps machine déraisonnable.
Piège classique : le teck de récupération. Une lame de pont ou un meuble de jardin a souvent été traité (huile de teck du commerce, saturateur, parfois vernis). Ces produits fument autrement et peuvent dégager des composés irritants : ne passez au laser que du bois dont vous connaissez le traitement.
Deuxième piège : les colles des panneaux de teck lamellé-collé, plus dures que le bois, qui bloquent une découpe sur quelques millimètres. Gardez une marge de puissance ou prévoyez une finition au cutter.
La teinte varie beaucoup d'une planche à l'autre, du miel au brun foncé. Un réglage validé sur une planche donne un contraste différent sur la suivante : refaites un carré d'essai à chaque nouveau lot.
Risques et finitions
Le teck est le bois pour lequel l'extraction compte le plus : sa fumée est huileuse, elle se dépose partout et son odeur reste dans l'atelier plusieurs jours. Travaillez avec une extraction extérieure ou un filtre à charbon en bon état.
La poussière de teck est irritante pour la peau et les yeux, et sensibilisante chez certaines personnes. Aspirez plutôt que souffler, et lavez-vous les mains après la série.
Le risque d'inflammation est réel dès qu'une deuxième passe repasse sur un trait déjà chargé de résine : ne laissez jamais la machine sans surveillance et gardez une couverture anti-feu à portée.
En finition, le teck n'a besoin de rien : un simple ponçage grain 240 et sa propre huile suffisent. Le dépôt de suie autour d'une gravure se retire au chiffon humide, jamais au solvant, qui étale l'huile et fait baver le contour.