Le PVC est le seul matériau de cette liste dont la réponse est définitive : on ne le grave pas, on ne le découpe pas, à aucune puissance et sur aucune machine. Ce n'est pas une question de réglage mais de chimie.
Ce qui se passe réellement
Le PVC contient du chlore. Chauffé par le faisceau, il libère du chlorure d'hydrogène, qui devient de l'acide chlorhydrique au contact de l'humidité — celle de l'air, celle de vos poumons, et celle qui subsiste dans votre machine après l'arrêt.
Les conséquences sont doubles. Pour vous : irritation immédiate des voies respiratoires et des yeux, avec des effets qui ne se limitent pas à l'exposition. Pour la machine : corrosion des rails, des vis, de l'électronique et des optiques, qui se poursuit longtemps après la découpe. Beaucoup de machines abîmées l'ont été en une seule séance.
Aucune extraction domestique ne rend l'opération acceptable : un filtre à charbon ne retient pas le chlorure d'hydrogène gazeux.
Comment le reconnaître
Le PVC se cache sous beaucoup de noms commerciaux : vinyle, similicuir, skaï, cuir synthétique, bâche, nappe plastifiée, mousse PVC (Forex, Komacel), certains adhésifs de découpe et de nombreux films décoratifs.
Le test le plus simple est le test de densité : le PVC coule dans l'eau, le polypropylène et le polyéthylène flottent. Un morceau qui coule doit être écarté par défaut.
En cas de doute sur une plaque non étiquetée, la règle est simple : on ne la passe pas. L'incertitude ne se teste pas sur une machine à plusieurs centaines d'euros.
Par quoi le remplacer
Pour un adhésif : les vinyles sans PVC (polypropylène ou polyester) existent et se découpent au laser sans danger — vérifiez la mention « PVC-free » du fabricant.
Pour du similicuir : le cuir au tannage végétal, ou un textile enduit sans PVC.
Pour une plaque rigide blanche : l'acrylique coulé ou le polypropylène, tous deux compatibles laser. Le résultat est meilleur, et votre machine ne vieillira pas de plusieurs années en une découpe.