Le bambou massif vendu en planches n'est pas un bois : c'est une graminée, collée en lamelles pour former un panneau. Il grave magnifiquement — un contraste brun foncé très net sur un fond clair et uniforme — mais il se découpe mal, à cause de sa silice et des joints de colle entre lamelles.
Réglages : ce qui compte vraiment
Le bambou est le support de gravure le plus flatteur de cette catégorie : sa surface est homogène, sans grain marqué, donc le dessin ressort exactement comme sur l'écran. Autour de 45 % à 2 500 mm/min sur une diode de 20 W, le contraste est déjà franc.
Ne cherchez pas à graver profond : la silice contenue dans le bambou fait qu'une gravure creuse devient grise et poudreuse au lieu de foncer. Une gravure superficielle et rapide donne un plus beau noir qu'une gravure lente et puissante.
En découpe, comptez large : à densité comparable, le bambou demande environ 20 % de puissance en plus qu'un chêne, et les joints de colle stoppent régulièrement le faisceau. Deux passes dès 5 mm, et une vérification systématique avant de décoller la pièce du plateau.
Les planches de bambou sont souvent légèrement voilées. Une planche bombée de deux millimètres fait perdre la mise au point au centre : plaquez-la avec des aimants ou des serre-joints avant de lancer une gravure fine.
Épaisseurs courantes et pièges
Les épaisseurs courantes sont 3, 5, 8 et 10 mm : dessous de verre, planches à découper, règles, boîtes, couverts. Les planches à découper du commerce font souvent 10 à 18 mm — au-delà de 10 mm, considérez que la découpe au laser n'est pas raisonnable et gravez seulement.
Le piège numéro un est l'huile alimentaire : une planche à découper neuve est presque toujours huilée. L'huile fume, tache autour du motif et donne un contraste irrégulier. Dégraissez à l'alcool ménager et laissez sécher avant de graver.
Le piège numéro deux est la colle : selon le panneau, les joints entre lamelles apparaissent en clair dans la gravure, comme des rayures régulières. Orientez le motif pour que ces lignes ne traversent pas un visage ou un texte fin.
Enfin, méfiez-vous du bambou dit « carbonisé » (caramel foncé) : il est traité thermiquement, plus friable, et son contraste de gravure est beaucoup plus faible que sur le bambou naturel.
Risques et finitions
La silice du bambou est abrasive : la poussière use les guidages et raye les optiques. Aspirez le plateau après chaque série de bambou, et contrôlez la lentille plus souvent que sur un bois européen.
Le risque d'inflammation est modéré en gravure, plus élevé en découpe multi-passes à cause des joints de colle qui concentrent la chaleur. Assistance d'air, extraction et surveillance permanente.
En finition, une planche gravée destinée à la cuisine se réhuile à l'huile alimentaire (tournesol, lin alimentaire, minérale) après un léger ponçage grain 320 des bords gravés. La gravure ne s'efface pas au lavage à la main, mais évitez le lave-vaisselle, qui décolle les joints de colle du panneau.