Le cuir au tannage végétal se grave magnifiquement : le laser fonce la fleur sans la creuser, ce qui donne un marquage net et durable, très prisé en maroquinerie. Encore faut-il choisir le bon cuir.
Choisir le cuir avant de régler la machine
Le tannage végétal est le seul à réagir de façon régulière et sans danger. Le tannage au chrome, lui, peut libérer des composés du chrome à la chaleur : il est à éviter. Le cuir synthétique (similicuir, skaï) contient très souvent du PVC : il ne doit jamais passer au laser.
Deux morceaux du même cuir peuvent réagir différemment selon leur épaisseur et leur humidité : faites toujours un essai sur une chute du même lot, pas sur une chute d'un lot précédent.
Réglages : ce qui compte vraiment
Le cuir demande peu d'énergie. On grave à basse puissance et grande vitesse, pour foncer la surface sans la creuser : le but est une trace brune, pas un sillon. Dès que la fleur se soulève ou que le bord du tracé blanchit, c'est déjà trop.
En découpe, une seule passe suffit sur 2 mm avec un CO2 ; sur diode, préférez deux passes légères — une passe trop appuyée durcit le chant et laisse une bavure noire collante.
L'assistance d'air est très utile ici : elle empêche la fumée de se redéposer sur la fleur, où elle tache durablement.
Risques et finitions
L'odeur est forte et la fumée irritante, même avec un cuir végétal : extraction obligatoire. Le cuir fin peut s'enflammer, notamment le cuir huilé.
Nettoyez la zone gravée à la gomme ou au chiffon très légèrement humide dès la sortie de machine, avant que la suie ne s'incruste. Un lait ou une cire pour cuir appliqué ensuite ravive la couleur et scelle le marquage.